Notre parcours

Notre parcours

Nous nous sommes rencontrés en 2006 et avons échangé notre premier baiser sous les lumières des décorations de Noël de ma jolie ville bien aimée. Je ne vais pas mentir, c’était magique. J’avais avec moi l’homme de ma vie, je le savais. La vie n’est pas un conte de fée, comme tous les couples nous rencontrerons des hauts et des bas avant de nous décider à nous lancer, ensemble, dans la vie. Avec l’insouciance de se dire que pour faire un enfant, il suffit d’être prêts…. 4 ans plus tard, j’arrête la pilule en prétextant que ça peut prendre du temps, autant “désintoxiquer” mon corps du petit bonbon rond que je prends depuis de si longues années. L'ironie de ma naïveté face au tsunami qui n'a a submergé par le suite me fait sourire... Et me manque cruellement, souvent.

Quatre ans plus tard, me voilà, une trompe en moins, 7 fausses couches et deux grossesses biochimiques à mon actif. Entre mes grossesses naturelles et mes deux Fiv ICSI, nous avons obtenu 36 embryons, pour n'avoir au final, que des bras vides et des coeurs brisés.

Au départ, j'étais un cas "classique" de fausses couches à répétition. Les spécialistes ont cherché des problèmes de nidation, avec le bilan anti fausse couche classique. Après deux FIV ICSI, notre cas prend une tournure inattendue : nous souffrons d'une infertilité primaire déguisée en infertilité secondaire. Malgré des caryotypes normaux, nos embryons sont d'une qualité très médiocre. Le problème de nidation, dit mécanique, se transforme en problème génétique rare, méconnu et a priori incurable.

FIV 1 : 100 ui de puregon, déclenchement déca 01, 15 ovocytes ponctionnés, 13 micro injectés, 13 embryons, seuls deux embryons à J2 sont faiblement fragmentés. Transfert mais grossesse biochimique, aucune congélation possible sur les 11 embryons restants.

FIV 2 : 100ui à 125 ui de puregon, déclenchement ovitrelle, 19 ovocytes ponctionnés, 18 micro injectés, 16 embryons, seuls deux embryons à J2 sont faiblement fragmentés : copier coller de la FIV 1. Transfert de trois embryons mais grossesse biochimique, aucune congélation possible sur les 13 embryons restants.

La recherche en France est "brimée". Une biopsie de mes ovocytes, des caryotypes sur nos embryons vivants, pourraient nous permettre de comprendre pourquoi (et après toutes ces années de larmes et de douleur, la réponse à cette question est cruciale pour accompagner notre deuil ou avancer avec le don). Oui mais voilà, en France, c'est interdit. Seul Poissy a le feu vert pour contourner les règles et réaliser des biopsies sur le premier globule polaire (c'est mieux que rien).

http://diagnostic-preimplantatoire.blogspot.fr/2011/01/la-biopsie-des-globules-polaires.html

Le PGD (preimplantation genetic diagnosis), cousin germain du DPI (diagnostic pré implantatoire) est interdit en France lorsque les caryotypes des couples sont normaux. Un tel examen à l'étranger coute aux alentours de 14 k€ et détermine si les embryons sont chromosomiquement viables ou non ; en aucun cas le PGD ne permet d'identifier la gamète responsable et donc d'orienter le couple vers un don d'ovocyte ou de sperme.

Nous en sommes ici. Le biologiste de notre petite PMA humaine ne croit pas que Poissy nous aide. Notre gynéco pense a contrario que nous n'avons rien à perdre, hormis notre temps, à faire nos deux dernières fiv icsi avec eux, compte tenu des résultats catastrophiques obtenus. Selon lui, Poissy est une alternative intéressante, il ne nous lâche pas.

Pour le moment, nous avons encore l'espoir du don tout en commençant malgré nous un deuil sur une parentalité "naturelle" (via la PMA, un don simple ou un double don). Mais nous avons décidé de demander un agrément dans le but d'adopter une fratrie, projet qui nous tient à coeur depuis bien longtemps, mais que nous avions mis entre parenthèse le temps de pouvoir y consacrer toute notre énergie... Et notre coeur.

La PMA, l'infertilité, le brouillard, les fausses couches, les opérations, les traitements, m'ont personnellement poussée dans mes retranchements : je n'ai pas eu le choix, j'ai du affronter mes vieux démons. Aujourd'hui, j'ai envie de croire que le pire est derrière nous et que seul un grand bonheur, peut-être différent de mes rêves de petite fille, nous attend. Il peut être au coin de la rue, encore à quelques kilomètres, voire des milliers, mais il nous attend. Je suis convaincue que dans la vie rien n'arrive par hasard. Notre chemin sera juste moins conventionnel que pour notre proches mais n'en sera pas moins riche ni moins beau. Nous aurons en bonus la chance d'en profiter comme des fous car nous l'aurons porté dans notre coeur bien longtemps.

Notre parcours

Rédigé par Carotte

Publié dans #Notre parcours

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