Clap de fin

Publié le 4 Août 2014

Clap de fin

Ces derniers jours, j'ai eu l'impression de vivre au Parc Astérix, Osiris vous connaissez? Des hauts, des bas, puis des hauts, des bas. Sauf qu'en sortant de la vraie attraction, je n'ai qu'une envie, y retourner. Là, je vous avoue, j'ai hâte d'en sortir. Ca n'est pas des montées d'adrénaline que j'ai mais plutôt des montées de chagrin (pendant que d'autres ont des montées de lait,chacun sa merde). Je sais que c'est normal, d'autant que cette FIV a confirmé que nous avons un (gros) problème. Le deuil, tout doucement, s'installe dans notre vie. Parfois, je suis soulagée, libérée, parfois j'ai mal et je hurle de l'intérieur alors que mon coeur se brise une fois de plus en mille morceau au rythme de mes POURQUOI??? désespérés.

Ces derniers jours, j'ai eu l'impression de vivre au Parc Astérix, Osiris vous connaissez? Des hauts, des bas, puis des hauts, des bas. Sauf qu'en sortant de la vraie attraction, je n'ai qu'une envie, y retourner. Là, je vous avoue, j'ai hâte d'en sortir. Ca n'est pas des montées d'adrénaline que j'ai mais plutôt des montées de chagrin (pendant que d'autres ont des montées de lait,chacun sa merde). Je sais que c'est normal, d'autant que cette FIV a confirmé que nous avons un (gros) problème. Le deuil, tout doucement, s'installe dans notre vie. Parfois, je suis soulagée, libérée, parfois j'ai mal et je hurle de l'intérieur alors que mon coeur se brise une fois de plus en mille morceau au rythme de mes POURQUOI??? désespérés.

Ce week-end, nous avons mis fin à presque 8 mois de privation, 8 mois à faire attention à TOUT. J'ai bu de la vodka, du rhum, du red bull, et j'ai passé une super soirée, sans alcool triste, sans mal de crâne, parce que j'y suis allée doucement. J'ai bien accepté les trois annonces de grossesse de la soirée, j'ai même eu la légèreté de prendre sur moi quand l'une des PB a fumé une dizaine de clopes sous ma tronche (dont quelques unes qui font rire) en disant : "mon homme m'en veut mais franchement, ça ne peut pas faire de mal". J'ai pris sur moi parce que sa vie, je n'en veux pas. J'ai parlé avec des personnes que je connais depuis longtemps mais mal au final. On m'a dit des choses adorables (notre secret n'en est plus un...Et vous savez quoi? Ca m'est égal ). On s'est confié à moi aussi. Ce soir là, j eme suis sentie vivante, appréciée pour celle que je suis, celle que je commence à être fière d'être, celle que découvre. Je suis partie à 3h du mat' avec une pêche d'enfer et la fane légère (l'homme avait plus d'une heure de route à assurer, peut être avait-il peur que la voiture se transforme en citrouille?).

Et puis... Passée l'euphorie d'une soirée où on oublie tout, où on se sent protégés par les gens que l'on aime et aidés par quelques milligrammes d'alcool, la réalité revient au galop : débrief avec la PSY, puis avec Super G et après tout ça, reprise du boulot.

... Joy joy joy....

La psy de la PMA passe tout son temps hors consultation dans le labo de la PMA. Elle commence à être calée niveau technique. Du coup, quand je lui ai dit le résultat de notre fiv, elle n'a pas réussi à cacher son inquiétude. "2 embryons viables sur 16? En ICSI?!"...

....

....

....

Je sais, depuis la première FIV, que notre cas sent très mauvais. J'ai eu des doutes, suite à ma 7eme fausse couche, quand Super G m'a confirmé, les yeux un peu rouges, que petit nous avait arrêté de grandir. Mais jusqu'à présent, l'espoir des spécialistes était comme des branches très solides auxquelles il était facile de s'accrocher quand le doute devenait trop pesant : je tombe enceinte, je tombe enceinte, JE TOMBE ENCEINTE.

Je savais comment allait se passer mon RDV de debrief ce matin. J'avais commencé ce billet avant même de partir pour la clinique. Les deux pieds ancrés dans la réalité, nous sommes rentrés dans le bureau après une bonne heure et demie d'attente pour avoir la confirmation de Super G.

J'ai su que j'avais eu raison de me préparer quand je l'ai vu, devant son écran, silencieux, désarmé, impuissant et profondément désolé.

" Je n'ai hélas pas de solution. Je ne peux plus rien faire pour vous".

Super G, je lui fais confiance à 100%. J'ai toujours su que si un jour il devait me tenir ce discours, ça serait en effet parce qu'il n'y avait plus d'espoir. Wonder B veut s'accrocher, nous on ne veut pas s'acharner. Alors voilà, ce matin nous avons clos le chapitre de notre petite PMA humaine, sans verser une larme, parce que nous savons que c'est la meilleure chose à faire.

Nous avons une nouvelle feuille de route pour nous amener doucement sur le chemin du deuil : nous allons donc à Poissy, avec l'aval de Super G (et contre l'avis de Wonder B) confirmer notre stérilité. J'en ai besoin pour me dire que j'aurai tout essayé.

-"Le PGD (caryotype de l'embryon vivant) vous coutera entre 10 et 14 k€ à l'étranger. Poissy est une bonne alternative, prise en charge par la sécu avec une bonne équipe de professionnels. Nous pourrons peut être y voir plus clair".

Puis nous avons parlé du don...

- "Nous ne savons pas si ce sont vos ovocytes, les spermatozoïdes de Mr ou tout simplement l'association des deux. Nous pensons, avec les avancées de la recherche, que vos embryons présentent des anomalies chromosomiques. Il est possible que nous ne sachions jamais qui de vous deux a un soucis, En ce sens, le don pose problème..."

Il a souri quand nous lui avons dit que nous avions envoyé notre dossier pour l'adoption.

-"C'est l'alternative la plus tangible."

Je le savais... Je crois que je l'ai toujours su.

Super G va suivre toute ma stim pour que je monte à Paris le plus tard possible, soit quelques jours à peine avant ma ponction. En fonction de ce que donnera la biopsie de mes globules polaires et le Fish Frag de l'homme, nous prendrons une décision : faire un PGD à l'étranger (Super G sera là pour nous conseiller même s'il n'en a pas le droit), nous orienter vers le don si le problème est identifié, ou dire adieu, définitivement, à la PMA. Nous sommes prêts, je crois...

Cela fait maintenant presque 5 ans que je suis dans un entre deux : entre espoir et désespoir, vie et mort, bonheur et détresse. Mais surtout cela fait 5 ans que je dis à qui veut l'entendre que j'ai un problème, que je le sens, avec pour réponse des rires moqueurs, des reproches (qu'est ce que tu es négative Carotte) ou tout simplement l'ignorance la plus marquée qui soit. Mon généraliste me dit à chaque consultation "vous l'avez toujours su, vous me l'avez toujours dit, depuis l'arrêt de votre pilule". Croyez moi, j'aurais préféré me tromper. Nous voilà 5 ans plus tard : une trompe en moins, 36 embryons, 7 fausses couches et des millions de larmes.

Nous allons bientôt descendre d'Osiris. Mais nous sommes fiers, même si c'est l'échec qui clôturera notre aventure, parce que nous nous serons battus avec courage et jusqu'au bout.

J'ai envie de me dire qu'aujourd'hui c'est la vie qui reprend ses droits, notre vie, pour que nous puissions respirer à nouveau. Nous sommes restés en apnée bien trop longtemps, à attendre quelque chose qui n'est jamais venu, à admettre une réalité qui pourtant s'impose à nous depuis bien (trop) longtemps.

Comme je l'ai écrit sur le blog de Nounette, ça n'est qu'à la fin de la partie que l'on compte les points. Tant qu'un GAME OVER ne nous barrera pas la route, nous continuerons d'avancer, avec la conviction profonde que quel que soit le chemin, nous serons heureux.

Clap de fin

----- EDIT -----

Suite à une mauvaise manip j'avais effacé ce post. J'ai réussi à le retrouver grâce au cache de google mais j'ai perdu, hélas, tous vos adorables commentaires... Désolée les copines :-( ....

Rédigé par Carotte

Publié dans #FIV 2, #gema, #Adoption

Repost 0
Commenter cet article

Miliette 05/08/2014 17:24

Des gros gros bisous !!

Carotte 05/08/2014 17:46

J'ai un article en stock Miliette les nouvelles arrivent! Et un mail aussi :-)