Ma GNE - 7ème fausse couche

Publié le 11 Octobre 2013

Ma GNE - 7ème fausse couche

Début aout, nous allons à la PMA pour (enfin) programmer notre première FIV. 3 ans que l'on galère, 3 ans que l'on espère, nous touchons du doigt la solution, on y croit fort.Super G nous propose une FIV en novembre parce qu'en octobre, vu que l'on part en vacances, le timing sera serré "et c'est le coup à avoir vos règles en avance". Il a raison. Nous ne sommes plus à un mois près.

Avant mes fc, j'avais des cycles de 28 jours, j'avais mes règles tous les vendredis à 15h (true story!). Super G me demande où j'en suis aujourd'hui. Bah comment dire... C'est un peu le Bronx... Je me retrouve pour la peine avec un nouveau bonbon : le duphaston, dudu pour les intimes.

Début septembre, j'attends ces fichues règles, elles n'arrivent pas, et ça n'est pas un jour de retard que j'ai, mais plusieurs. Je me décide à appeler super G qui me dit de tester mes HCG. Je n'ai aucune envie d'aller faire ma trentième prise de sang au labo, surtout que je connais le résultat. Mais comme j'ai besoin de super G, je fais ce qu'il me dit et j'y vais...

Et là surprise... HCG à 430ui... Je suis enceinte... Et j'ai un taux... Comme jamais je n'en ai connu! Je fonds en larmes lorsque la laborantine m'annonce le résultat, j'ai du mal à respirer. Ca y est, enfin, ça y est! "J'attends depuis si longtemps" dis-je entre deux sanglots. Je suis au boulot. J'ai envie de crier ma joie à la terre entière... Mais je dois me contenir. J'appelle mon homme sans attendre. Il est content mais il a peur, peur d'un nouvel échec.Je ne peux pas lui en vouloir...

Je refais un dosage 4 jours plus tard : 2800ui. Je pleure, je caresse mon ventre je parle à mon bébé... Cette 7ème grossesse est la bonne, j'ai très très envie d'y croire.

Le lendemain c'est notre pendaison de crémaillère. Je n'en fais pas trop mais je reste debout une bonne partie de la journée. A 16h je me décide enfin à aller prendre une douche et là... Je me rends compte que j'ai des pertes marrons. Mon homme m'entend l'appeler et me retrouve nue, allongée sur le sol de la salle de bain, en train de répéter "non, pas encore, non, pas encore". Pour mes 6 fc le scénario a toujours été le même : pertes marrons, pertes rouges, fausse couche. C'est en larmes que je vais aux urgences gynéco pendant que mon homme, désemparé, accueille les premiers invités.

Le médecin qui me reçoit est très rassurant : l'embryon est tonique, il est beau, il n'y a pas de décollement apparent. Selon lui, tout va bien.

Je rentre chez moi avec de l'espoir, et essaie, tant bien que mal, de profiter de notre pendaison de crémaillère sans trop bouger.

Quelques jours plus tard, je me rends dans le cabinet de Super G pour faire une écho et là, les larmes d'angoisse font place à des larmes de bonheur : je vois notre petit bout, sa vésicule vitelline est apparente. "Je pense que c'est bon cette fois-ci" me dit Super g avec un grand sourire. Il me dit confiant, de prendre, d'ores et déjà rendez-vous pour l'écho des 12 SA.

Les semaines passent, je suis arrêtée, mise au repos, sous cortisone, aspegic et progestérone. Je me répète chaque jour que je dois y croire, que le sort ne peut pas s'acharner une nouvelle fois.

Et pourtant... Le 6 octobre, je n'explique toujours pas comment ni pourquoi, j'ai la conviction profonde que ça ne va pas. Je supplie mon homme de m'emmener aux urgences faire une écho. Il refuse, confiant, mais moi, je ne le sens pas. Dès le lendemain, j'appelle mon ancienne gygy de ville qui me prend dans la foulée.

A l'écho, je vois une tête et surtout quelque chose qui clignote : son cœur. Mais ma gynéco ne dit rien. Elle scrute, prend des mesures, baisse les yeux. "Il est petit pour votre aménorrhée, vous avez du vous tromper dans la date de conception". Je sais que c'est faux. Le médecin des urgences et super G ont daté la grossesse de la même façon. C'est fini, je le sais. Elle me donne rendez-vous le 11 octobre pour une nouvelle écho en me disant de garder espoir.

Le 11 octobre, mon homme est avec moi, il y croit très fort. Je vois qu'à l'écho plus rien ne clignote. Je sais que c'est fini et je fonds en larmes. Même minutes de silence interminables avant le diagnostic final : il n'a pas grandi, il n'y a plus d'activité cardiaque, je suis désolée.". En fait, ce 7 octobre, petit nous était en train de "mourir", nous assistions aux derniers battements de son coeur. Il n'avait pas pris un millimètre depuis...

Cette gynéco est réputée pour être froide. Ce jour là, elle nous a dit au revoir avec des larmes plein les yeux en nous disant à quel point elle était désolée.

Nous prévenons la secrétaire de super G, qui visiblement ne comprend pas, car elle me donne rendez-vous une semaine plus tard. Encore une semaine avec un embryon mort dans le ventre. Super G, désolé d'apprendre qu'il est toujours là me propose un curetage "peut être comprendrons nous d'où viennent toutes vos fausses couches".

Je n'oublierai jamais son regard le jour de mon curetage. Ni de son geste de tendresse, quand au bloc il m'a rejoint alors que j'avais les yeux plein de larmes. Il m'a caressé le bras, pendant quelques minutes, en me demandant comment j'allais. Je n'ai rien répondu, j'avais la gorge nouée, le coeur brisé. Il a compris, il est juste resté là, à me caresser le bras. Ca n'a l'air de rien mais pour moi c'était beaucoup.

A mon réveil, alors que j'avais mon bulletin de sortie, les infirmières m'empêchent de partir, elles attendent ma carte de groupe sanguin. J'ai beau leur répéter que je suis B+, que j'ai ma carte à la maison rien n'y fait. Après trois heures d'attente je craque, je ne supporte plus d'être là. Je m'habille et même si mon homme n'est pas d'accord, je décide de partir, le cathéter encore posé sur ma main droite. Ca n'est que deux heures plus tard qu'elles se rendront compte de ma "fugue". Je n'étais pas fière de moi, mais j'avais un besoin vital de sortir de cette chambre sombre et de l'oublier... Ce petit nous qui s'était accroché bien fort... Mais n'avait pas réussi, malgré ses efforts, à grandir en moi.

Ca n'est que quelques jours plus tard que je trouverai la force d'annuler mon écho des 12 SA.

Publié dans #Les fausses couches

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marredattendre 03/04/2014 10:18

J'ai les larmes aux yeux après la lecture de ce billet. Quelle injustice ! Ca m'a rappelé ma deuxième fausse-couche, une grossesse non évolutive aussi. Chienne de vie.

Carotte 03/04/2014 10:40

Je m'accroche à ton blog car c'est un vrai espoir pour moi.... Je me reconnais beaucoup dans tes posts, nous avons le même problème même si la cause est différente. Saloperie de gamètes, c'est tellement compliqué que je me demande encore pourquoi le bug est tombé sur nous. Au jeu des probabilités, j'aurais préféré gagner à l'euromillion! Je croise très fort pour toi, vivement les 12 SA!!!!!

La Chouette 30/03/2014 20:17

Mon dieu, comme ça a du être dur!!