Bilan FCR #1 : Salpingite + hydrosalpinx = salpingectomie.

Publié le 13 Février 2013

Bilan FCR #1 : Salpingite + hydrosalpinx = salpingectomie.

1- En mode Dr House, 1ère partie

Après avoir fait le tour des gynécos de la ville (merci les pages jaunes) je trouve enfin une femme prête à m'aider et à lancer les examens que j'attends depuis si longtemps. Au menu : hystérosalpingographie, échographie, dosage de l'AMH, protéine S et C, anti corps anti phospholipide, anticoagulant circulant, caryotype et spermogramme. Quel programme!

Je fais toutes mes prises de sang, tout est normal.

En revanche, l'hytéro mérite que l'on en parle, car c'était épique! Je me rends dans la clinique dans laquelle j'ai aujourd'hui ma carte de membre premium (j'ignorais alors à l'époque que j'allais y venir à minima une fois par semaine) pour réaliser l'examen dont toutes les femmes se plaignent tant c'est douloureux. Personnellement, ça a été très douloureux pour mon égo et ma pudeur.... Pour le reste, j'ai eu de la "chance" je pense...

Me voilà donc nue, face à deux hommes avec un spécialiste pour le moins très délicat alors qu'il tente de mettre le spéculum en place : détendez-vous! Mais détendez vous! Ça n'est pas possible, je vais devoir sortir mon speculum mini format". PARDON? Je suis censée le prendre comment? Mon homme est juste à côté mon bonhomme, fais attention à ce que tu dis!!!

Bref... Il va tenter d'insérer sa canule 5 fois, oui 5 FOIS! Bilan des courses : petite hémorragie, mais parce que j'ai un tout petit vagin, bien sur (cf le speculum mini format)... Et là le festival du Karma Sutra radiologynéco commence : "Ecartez les jambes, levez le bassin, tournez vous à gauche, à droite, écartez (encore) les jambes". Hystérosalpingographie = solitude extrême.

Vient l'heure du compte rendu : on me parle de péritoine cloisonné suite à ma péritonite, mais d'AUCUNE anomalie tubaire parce "de toute façon avec autant de grossesse il est impossible que l'une de vos trompes soit HS". Et pourtant...

Vient l'heure du dernier examen en ce mois de décembre 2012, l'échographie super puissante de l'échographe qui n'y va pas par 4 chemins (mais je la remercie encore) : ah là, il y a un soucis à droite. Les mots sortent et résonnent dans ma tête : stérilité tubaire, hydrosalpinx, chirurgie, FIV. Elle n'y va pas de main morte concernant mon hystéro "ce sont des crétins".

Je repasse donc par la case PMA (sans toucher 20 000€) avec mes clichés, et on m'envoie voir la féé gygy, la gynéco qui opère et qui n'y va pas de main morte sur ses collègues du sous sol à qui elle ira remonter les bretelles après avoir les clichés de mon hystéro : "mais il se voit comme le nez en plein milieu de la figure votre hydrosalpinx là, c'est inadmissible". Et ça fait très peur aussi...

La théorie : un hydrosalpinx c'est une trompe gorgée de liquide. Déjà, on me dit qu'avec un truc pareil, j'ai une chance ENORME de ne pas avoir fait de GEU. Moi je dirais plutôt une tuile en moins à ajouter à mon CV de galérienne de la fertilité. Ensuite on me donne de l'espoir : le liquide contenu dans ma trompe est toxique et il peut se déverser dans l'utérus. Il s'avère que ce liquide est toxique pour les spermatozoïdes et pour les embryon. Ma trompe est une trompe serial killeuse et mon utérus c'est fukushima. Mais ça c'était avant!

Je suis remontée comme une pendule, en mode Lara Croft et tout va très vite : on programme l'intervention pour le 13 février. Ma dernière coelio remonte à 1998, j'avais oublié à quel point ça faisait mal... Je ne vais pas être déçue... J'apprends juste avant l'intervention que les très beaux fofos vu lors de l'écho me donneront un minuscule + qui ne laisse place à aucun espoir. Mais je le vis bien : ma vilaine trompe est coupable, elle est dans le couloir de la mort... Et nous, (Mr et Mme Naïfs), on pense que c'est la fin du cauchemar, on va y arriver!

2- Une trompe en moins pour la St Valentin

Le 13 février, mon homme n'a pas pu se libérer... C'est donc mon père qui m'accompagne à la clinique. Les larmes débutent aux admissions : je suis admise à la maternité. Et bien oui mesdames, je vais subir de la chirurgie gynéco, même si c'est pour enlever une trompe, c'est le jeu. J'arrive dans ma chambre et là... Un berceau vide, lourd symbole, insoutenable : je suis un ventre vide, un ventre tueur. J'ai mal à l'idée que ça soit, peut-être, la seule fois de ma vie où je serais admise en maternité. La pièce tourne, j'ai le cœur brisé. Mon père, impuissant et très pudique me laisse très vite avec mes larmes sur mon lit et les infirmières, adorables, me voyant au 36ème dessous essaient de comprendre d'où vient le problème. Dans les 5 minutes qui suivent, on me trouvera illico une nouvelle chambre. Merci...

Ensuite vient cette pièce, qui doit être une salle de réveil. Je viens de faire ma douche à la bétadine, je suis dans ma tenue de schtroumpfette sur mon brancard et j'attends d'aller au bloc. Pas de chance pour moi : il y a eu plein d'accouchements ce jour là. Je patiente, encore pleine de larmes, au milieu de femmes qui tiennent un bébé dans leurs bras. Je ne sanglote plus, ce sont des larmes silencieuses qui inondent mes yeux et ça m'arrange, à défaut de ne plus entendre les réflexions maladroites "Mais vous ne vous rendez pas compte, je suis fatiguée, prenez le mon bébé!" ou attendrissantes "c'est incroyable c'est magique, c'est le plus beau jour de ma vie", au moins je ne les vois plus. C'est mieux que rien... J'aurais pu être une de ces femmes, comment leur en vouloir... Mais voilà, je suis à ma place et ne pas être à la leur, très naturellement, ça me fait mal.

On vient me chercher, et on voit que mes joues sont le lit de grandes rivières de douleur. On lit mon dossier, je vois le regard désolé des infirmières. Et là, on me traite en grande princesse : au bloc, les personnes présentes font tout pour me faire rire, me demandent de penser à un endroit que j'aime. Je pense aux îles perhentians en Malaisie, magnifique petit paradis. Ils tournent autour de mon lit en disant "La clinique air C vous souhaite la bienvenue à bord. Vous allez bientôt sentir le sable chaud de l'anesthésie. Nous vous remercions de nous avoir choisis et nous vous souhaitons bon voyage". Je m'endors avec un sourire. J'insiste encore une fois : l'empathie et la gentillesse du personnel hospitalier, c'est énorme... Et ça fait beaucoup...

3- La convalescence : j'ai beau être matinale, j'ai très très mal

La fée gygy vient me voir le jour même, je suis dans un brouillard épais, je n'y verrai clair que le lendemain. Elle m'annonce qu'elle n'a pas pu sauver ma trompe, qu'elle a été obligée de la retirer mais que l'autre est parfaite. Qu'il n'y a pas de trace d'endométriose, pas de fibrome bref... Que selon elle, la maternité, c'est pour bientôt!

Quant à moi je ne vais pas mentir : j'ai hyper mal au nombril et aux épaules (les remontées de gaz, miam...).

A 18h, alors que mon homme est avec moi, la douleur se réveille et j'ai mal partout. Une infirmière blasée va me jeter une bonne dose d'acupan dans la gorge, sous le regard choqué de mon homme (qui travaille dans le milieu médical) "mais enfin, ça ne se prend pas comme ça!". En effet, avant d'enchainer les malaises vagaux toute la soirée, je n'ai plus mal du tout et je fanfaronne dans mon lit. Fanfaronne mon petit, ça ne se reproduira pas avant plusieurs semaines!

A 21, je commence à avoir faim. Je suis à jeun depuis 24h et j'ose sonner pour demander à la tortionnaire de l'acupan à manger. "Fallait demander avant, je suis en transmissions, vous attendrez demain". J'insiste et je le répète : l'empathie dans le monde médical, c'est très important... Heureusement, une aide soignante qui viendra prendre mes constantes ira rapidement me chercher à manger, choquée du refus de sa collègue. Car oui, les vannes sont ouvertes, face à la méchanceté de l'infirmière visiblement en colère contre la terre entière, je pleure à chaudes larmes.

22h : premier malaise vagal. Une infirmière et une étudiante en première année sont avec moi. et d'un coup, je transpire et j'entends la machine qui prend mes constantes s'emballer. Je vois l'étudiante se décomposer. Moi je n'arrive plus à respirer en je suis en nage. J'en ferai trois autres dans la nuit, faute à la façon dont m'a été administré l'acupan. Une fois les malaises terminés, vers 4h30, étant donné que je n'arrive pas à aller aux toilettes, on me pose une sonde. Je me sens diminuée, j'ai l'impression d'avoir 80 ans...

Malgré mon état, la fée gygy sent que mon moral a besoin de retrouver son nid pour la St Valentin, et signe mon bulletin de sortie. Avant mon départ, deux infirmières viennent me voir et m'avouent que l'on parle beaucoup de moi dans le service (faute à mon joli dossier). "Vous êtes tellement jeune, on a beaucoup de peine pour vous".

Pendant 15 jours, je ne vais pas réussir à marcher. Je vais flipper dès que j'ai envie de tousser, de rire, aller aux toilettes, car mon ventre c'est Verdun (côté visible, c'est un roti, côté interne, j'ai l'impression qu'on a joué à Dr Maboul avec mes organes).

Aujourd'hui, mes vilaines cicatrices me rappellent ce douloureux épisode. Rien qu'à l'idée de repasser parce la case coelio (sans toucher 20 000€, encore une fois), je panique... Mais s'il faut en passer par là pour retourner dans cette fameuse chambre avec un bébé dans le petit berceau qui m'a tant fait pleurer, je le ferai... Car je crois que pour ces larmes de bonheur, nous serions toutes prêtes à faire n'importe quoi...

Publié dans #Les fausses couches

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